L'article tant
attendu...
Alors , j'ai promis à ceux qui l'ont souhaité des petites explications sur ce qui s'est passé ce jeudi 16 avril.
Tout d'abord merci de tous vos petits messages sur Facebook, ça m'a énormément touché... Je souris à la pensée de celles qui ont vécu les premières séparations au lycée, qui ont tout vécu en
direct avec moi et qui m'ont soutenues et aussi de celles ( et ceux) qui me soutiennent aujourd'hui à Angers et qui constatent le résultat. Vous avez partagé avec moi des moments difficiles pour
les premières, des moments de joie pour les suivantes...
Je ne sais pas si je suis très claire,
mais j'essaie de faire de mon mieux ^^
Donc comme certains le savaient déjà,
j'avais la possibilité de revoir maman puisqu'elle montait sur Paris pour " affaire " ( on va dire ça comme ça ^^) . Ne sachant pas si elle viendrait seule, et à quelle heure serait son
rendez-vous, si elle ne me fuirait pas en me voyant, si elle ne se fâcherait pas, si elle allait accepter de me parler ( et de quoi? ), j'avais décidé de baisser les bras. Je ne voulais pas
replonger une nouvelle fois, faire beaucoup d'efforts pour être déçue une fois de plus, de souffrir tout simplement. Et puis après mure réflexion, après avoir demandé l'avis de ma famille de
Paris, je me suis dit: Et si je le regrettais? Et si j'y allais, juste pour voir? Pour en avoir le coeur net?
Me voilà alors en train d’élaborer mon
plan… Se tenir cachée, au cas où elle ne serait pas seule. Une voiture, c’est pratique la voiture pour se cacher et pour fuir si jamais… Et puis aussi prévoir des sous, et le téléphone pour
prévenir si je dois partir quelque part avec elle…
Jeudi matin: J’ai passé une nuit
affreuse. J’ai mal à la tête, la nausée et les jambes qui flagellent, un nœud gigantesque dans l’estomac, le cœur qui bat la chamade. Je ne mange quasiment pas à midi. Le rendez-vous est à 14h30.
Nous partons avec Flo chercher la voiture de Tatie, il a pu prendre son après-midi pour pouvoir m’accompagner.
Jeudi 14h40: Je sais que maman est à
l’intérieur, est-elle seule? Combien de temps va-t-elle rester là-dedans? Et si elle était déjà partie? Et si elle ne venait pas?
L’heure tourne, j’attends dans le même
état d’esprit que ce matin. Je me pose mille et une questions.
Jeudi 15h30: Elle sort. Seule. Elle
passe juste devant la voiture et s’arrête devant nous , sans nous voir. Je descend de la voiture, et l’appelle. Elle ne me répond pas et marche plutôt rapidement. Je m’imagine qu’elle ne veux pas
me parler. Mais je retente le coup, peut-être ne m’a-t-elle pas entendue. Je lui courre après, elle se retourne enfin. On se regarde quelques secondes qui m’ont parue une éternité.Elle décroche
son téléphone qui sonne. Je lui fais la bise en même temps. Elle bafouille au téléphone mais se reprends vite. Nous marchons, sa discussion achevée, elle me prends dans ses bras. Elle me propose
un café au macdo du coin. Nous nous asseyons et elle me dit:
« Alors, qu’est-ce que tu me
racontes de beau? »
Je lui raconte alors Angers, mes études,
ce que j’envisageais de faire comme métier, ma vie avec mon Flo… Et elle me raconte ce que deviennent mes frères et sœurs, me montrent des vidéos des petits loups, Alia que je ne connais pas et
qui fait sa petite pépette, Selim qui a vraiment grandi et qui apparemment est devenu très famille et protecteur envers tout le monde, Hakim qui malheureusement reste en conflit avec tout le
monde, et ma belle sœur qui s’embellit de jour en jour et qui va être majeure dans quelques mois.
La discusion continue, elle doit aller
faire des courses pour son repas dans le train, je l’accompagne et lui demande si je peux aussi l’accompagner jusqu’à la gare de Lyon.
Elle accepte, je suis contente. On parle
de mon père, de mon grand-père, de la famille du Berry, de celle de Paris.
Je sens en elle ce changement, elle
m’explique dans quel état d’esprit elle était quand moi j’allais mal. Elle comprends pourquoi je suis partie, pas tout, mais elle fait des efforts. Je suis soulagée à un point, j’ai l’impression
de rêver.
Elle me parle des soucis
de santé de chacun, je lui raconte mes petits bobos.
Elle me dit que les cartes
d’anniversaire sont bien arrivées et que ma sœur les garde et les cache soigneusement.
Elle me demande mon adresse pour pouvoir
m’écrire, et mon numéro de téléphone.
Je suis
abasourdie.
Elle appelle même ma sœur et me la passe
au téléphone ( rien que de l’écrire j’ai les larmes aux yeux ^.^ ) Ma sœur ne réalise pas tout de suite. Elle croit que quelqu'un lui fait une mauvaise blague. On ne se parle pas longtemps, ne
sachant pas trop quoi se dire en si peu de temps. J’attends qu’elle me contacte aujourd’hui pour me laisser un numéro de téléphone où je puisse la joindre. Mais je suis
patiente.
On se dirige lentement vers le RER, je
lui porte ses courses pour la décharger. Nous arrivons en gare de Lyon, nous cherchons le quai où elle devra prendre son train. Nous avons encore deux heures devant nous. Nous continuons à
parler, de tout, de rien.
Si seulement je pouvais me souvenir de
chacun des mots que nous avons échangés je vous les dirais. Il y en a bien sûr que je garde pour moi et qui nous regarde que nous ^.^
Elle me donne son numéro et prends aussi
mon adresse pour pouvoir m’écrire sur Angers. Est-ce que je suis en train de rêver? Alors si c’est le cas s’il vous plait, ne me réveillez pas...
Et puis, vient l’heure fatidique, le
train arrive en gare et va partir. Elle me prends une dernière fois dans ses bras pour me dire au revoir. Et juste avant de monter:
«- Je t’aime fort maman, prend soin
de toi.
- Moi aussi je t’aime fort, malgré
tout ce qui s’est passé et la tornade qui a retourné la maison, ça n’a jamais changé les sentiments que je te porte. Prend soin de toi. Je sais que je te laisse entre de bonnes mains. »
Une bonne crise de larmes plus tard, je
reçois mon premier sms de maman. Je ne réalise pas ce qui m’arrive, j’ai l’impression d’avoir la tête dans un oreiller tout mou, mes jambes ont du mal à me porter.
Voilà à peu près ce qui s’est passé
jeudi. Je suis heureuse aujourd’hui, j’ai réussi à renouer des liens avec ma maman. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois que je la verrais pour de vrai, je sais que ce ne sera pas tout de
suite, mais je garde bon espoir. Jamais je ne me serais imaginé un tel revirement de situation, une telle compréhension dans les yeux de maman.
La seule chose que j’attend tous les jours aujourd’hui, c’est le petit coup de téléphone de 2 minutes de maman, qui me prouve que je ne rêve pas.
La vie est belle (?)
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